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ALEXANDRE

Rendez-vous avec ALEXANDRE - Fiscalité & autres dossiers_mars 2013

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Comment as-tu démarré ton activité?

Je me suis lancé dans la fiscalité dans les années 90 : droit fiscal, droit commercial et droit des affaires. J’ai baigné dans un milieu artistique dès mon enfance avec mes parents collectionneurs et beaucoup d’amis artistes, une de mes tantes a créé une galerie à New-York... J’ai donc eu envie de faire de la fiscalité uniquement pour des artistes. J'ai démarré avec une dizaine de personnes et 2 salariés, aujourd'hui je traite 150 dossiers et j'emploie 7 personnes.

Où travailles-tu ?

Je suis installé dans cet appartement rue de Verneuil dans le 7ème arrondissement à Paris, qui appartenait à ma famille et que j'ai transformé en bureaux après le décès de mes parents. J'ai gardé une partie de leur collection d’art et le mobilier, que je continue d’enrichir. J'ai fait par exemple restaurer ce bureau d’époque Régence, qui appartenait à ma mère, par un ébéniste qui travaillait pour la famille et qui y a passé 600 heures de travail… Tu peux voir sur la cheminée une œuvre de Parvine Curie et une autre sculpture d’elle dans l’entrée avec, plus loin, une œuvre de son mari François Stahly, La Maternité , que ma mère avait acheté il y quelques années déjà. Je continue également ma propre collection et j’accumule aussi tous ces classeurs de comptabilité qui finissent d’envahir l’appartement. Il y en a partout mais c’est organisé !



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Quel est ton parcours?

En sortant du lycée Louis-le-Grand, je pensais devenir un grand vétérinaire et j’ai commencé l’école de Maisons-Alfort, mais après 6 mois d’études sur des rats et des souris, déprimé, j’ai changé d’avis. J’ai repris une licence en droit, une licence en sciences économiques, puis j’ai fait Sciences Po et démarré l’ENA, dont je suis sorti au bout d’un an et demi car ce n’était pas pour moi…

Je suis ensuite parti au collège international de Bruges, pensant qu’il y avait une ouverture vers l’Europe qui pourrait m’aider tant juridiquement que fiscalement ; ça n’a pas fonctionné mais j’ai passé une très bonne année là-bas. J’ai fait ensuite un master de droit international de la mer.

Après le décès de mes parents, je me suis dit qu’il était temps que je mette en œuvre tout ce que j’avais appris et je me suis lancé ici avec mon frère qui était déjà dans un circuit de commissaire aux comptes et d’expert comptable.

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Tu travailles également en tant que producteur pour le cinéma, peux-tu nous parler de ce travail, et de la conciliation des deux ?

Mon statut de profession libérale me donne la possibilité d’avoir plusieurs activités.

Je parlerais d’ailleurs plutôt de co-production pour le cinéma : à chaque nouveau long-métrage, on créé une société de production pour le projet. Bien sûr c’est compliqué lorsqu’il y a un film en court et une période fiscale incontournable et je peux, dans ce cas, travailler sept jours sur sept et quinze heures par jour mais cela me passionne.

A quoi ressemblent tes journées de travail? 

Le matin je suis à l’extérieur, à m’occuper de démarches pour une production cinématographique, par exemple, ou la gestion de contrats pour des artistes, etc. L’après-midi je suis à mon bureau où je reçois plutôt en fin de journée, je me déplace très rarement chez mes clients. Je peux aussi, quand il y a des dossiers à rendre, passer des journées entières ici. Et il y a les moments où je suis en voyage, pour un tournage la plupart du temps. C’est un rythme intensif… 

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Quel est le moment que tu préfères?

La rédaction d’un rapport ou la finalité d’une déclaration. En toute modestie, c’est un peu comme si je mettais la touche finale à un tableau. Vieira Da Silva, qui était une très grande amie, m’a confié un jour qu’elle mettait toujours un petit personnage dans ses tableaux, ce qui était sa façon à elle de regarder ce qu’elle venait de réaliser…

Qui sont tes clients ?

Toutes les sociétés ici sont gérées par des collaborateurs, même si bien sûr je mets le nez dedans. Il y a ensuite les professions libérales, environ 80% d’artistes : peintres, architectes, réalisateurs, graphistes, des écrivains également. A une époque j’ai reçu des femmes graphologues, quelques psychanalystes aussi. Puis, la rencontre avec la philosophie bouddhiste m’a amené à m’occuper de la fiscalité des shedras – universités bouddhistes tibétaines, ndlr - de Sydney et de Katmandou…D’autres raisons et occasions de voyages !

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Quand dors-tu… ?

J’ai la chance d’avoir besoin de peu d’heures de sommeil et j’ai un très bon médecin nutritionniste ! Il y a aussi la méditation que je pratique un peu et qui me permet de prendre pas mal de recul par rapport à tout cela.

Une qualité importante dans ton métier ?

La rigueur et aussi une forme de vérité, l’échange avec l’autre et le respect de la personne.

De nouveaux projets?

Le cinéma est peu en « stand by » pour le moment et j’aimerais être plus présent sur des projets et installations de certains artistes dont je m’occupe…

 

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