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Houat

Aller à l’île de Houat.
Texte : Barbara Sabaté Montoriol.

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La ligne de faîte de l’île a la douceur d’un dos. Des courbes très douces, imbriquées. Bel été, Houat. Si belle qu’on ne sait dans quelle échancrure l’aborder. Elle est protégée par d’énormes rochers.
Masses granitiques de toutes dimensions, de toutes formes qui s’élèvent immobiles au milieu de l’agitation perpétuelle de l’Océan. Enfin on se décide pour une petite baie de sable fin dans sa côte sauvage.

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L’odeur d’herbes chaudes monte des dunes. On les gravit pour voir loin les eaux scintiller sous un ciel sans nuages. Là-bas Hoedic, loin devant Belle-île, dans le dos la baie de Quiberon, le continent tout au fond.
Le sable pâle brûle un peu les pieds. Des herbes grasses, lys sauvages, oeillets de falaise, des brassées de fleurs jaunes aussi que l’on dit immortelles.
En bas l’eau transparente et fraîche embrasse des roches brunes, parfois noircies de dentelle de petites moules en régiments serrés.

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L’onde. Bleu-vert très pâle et translucide après l’ourlet d’écume, bleu des mers du sud où elle se fait plus profonde, outre-mer à l’horizon.
On y entre en frissonnant. Elle saisit, irrésistible.

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Le temps s’étire, on sait qu’il faudra bientôt la quitter. Reprendre la mer où s'allonge une langue de sable doré à la proue de la très grande plage. Rejoindre la grande terre au Nord, sous sa frange de nuées légères. Alors on ferme les yeux pour jouir de son souvenir en la touchant encore.
Et le soir on suivra du doigt sur la carte marine des noms qui l’environnent, la chaussée du Beniguet, l’île aux Chevaux, le passage des Soeurs...