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MICHEL LAGARDE

Rencontre avec Michel Lagarde, éditeur, galeriste et agent d’illustrateurs, dans sa galerie 13 rue Bouchardon 75010 Paris_septembre 2013

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Quand as-tu démarré ton activité et par quoi as-tu commencé ?

J'ai démarré comme éditeur il y a 25 ans à Bordeaux.
Je suis devenu agent à la fin des années 80 et je suis venu m’installer à Paris en 1992 où j'ai démarré ma première agence d’illustration : Illustrissimo. Au même moment, j'ai ouvert une première galerie place de Thorigny dans le Marais à Paris. Il y a eu une quinzaine d'expositions en tout, mais j'avais vu un peu grand et les frais de fonctionnement étaient assez inadaptés par rapport à la réalité des ventes. Je suis revenu à mon métier d'agent pendant presque 15 ans et j'ai remonté une maison d'édition en 2008.
Quand j'ai trouvé ce local rue Bouchardon, dans le 10e arrondissement, la configuration du lieu se prêtait à créer un petit espace pour une galerie et l'envie est revenue.

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Tu passes ainsi d'une activité à l'autre ?

Exactement. La galerie ainsi que la partie édition apportent une image à l'agence, et celle-ci permet aux deux autres d'exister.

Quand est née cette passion pour l'illustration ?

Tout petit déjà je découpais et collectionnais les illustrations des magazines pour composer mes premières archives.Mon père achetait beaucoup de livres et de revues, il y en avait une dizaine chaque semaine à la maison, dans lesquelles je piochais toutes sortes d'images : ça allait du Monde à 50 millions de consommateurs, aux magazines de décoration, en passant par des revues de cuisine, etc. Au même moment, j’ai aussi commencé à collectionner les revues de bandes dessinées, toujours dans ma bibliothèque aujourd’hui.

 

 

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Quels sont tes livres de chevet ?

Cela va de Tomi Ungerer à Sempé en passant par Saul Steinberg, Savignac, André François et Ronald Searle, auteurs phares que j'aime depuis toujours. Dans la bande dessinée, il y a les incontournables comme Moebius, Tardi et Hugo Pratt pour les plus connus, et une nouvelle génération formidable mais la liste serait longue...

À quoi ressemblent tes journées de travail ? 

Je commence par aller boire un café, pour faire une transition avec ma vie de père de famille… J’épluche ensuite les mails et les divers dossiers à gérer. Je vais faire un tour à Drouot, deux ou trois fois par semaine, pour y trouver des dessins ou des livres. On prépare les expositions, il y en a sept ou huit par an, et on s’occupe de la partie édition avec cinq à six livres chaque année.

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Une qualité indispensable dans ton métier ?

La curiosité. Quand on cesse de chercher c'est fini.

Comment se porte le marché de l'illustration en France aujourd'hui?

Je dirais que le domaine de l'édition est le plus dynamique même si c’est un marché qui ne se porte pas bien au niveau économique.
Dans le marché de la publicité, ces dernières années, il y a nettement moins de commandes de presse magazine et presse d’entreprise, tout ce que l’on appelle le « corporate ». Mais cela a été repris finalement par de nouveaux modèles comme le Magazine XXI, à la fois livre et magazine, où l’on trouve une belle profusion d’illustrations.
D’autre part, il y a aujourd’hui de très belles opportunités, avec des campagnes internationales importantes qui peuvent être confiées à un illustrateur.
Ces derniers temps, l’illustration est moins vue comme un complément de la photographie, très dominante depuis les années 70.

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Qu'est-ce qu'un bon illustrateur?

Je pense que l'illustration est liée à l'air du temps et un bon illustrateur est quelqu'un qui est bien dans son époque et qui sait réintégrer l'héritage du passé. Il me paraît difficile de faire ce métier sans avoir la culture graphique qui va avec. Apporter quelque chose de nouveau par rapport à un héritage me paraît intéressant. Sans tomber dans la copie bien entendu.

Où aimerais-tu ouvrir une autre galerie ?

J’aimerais surtout avoir plus de place! J’aime beaucoup le 10e arrondissement dans lequel je suis, je pense que l’on est bien placés et cela reste un quartier auquel je suis attaché.

De nouveaux projets ?

Un livre qui s’appelle Le salon de l’araignée, projet sur lequel je travaille depuis une dizaine d’années, qui est un peu le panorama des illustrateurs des année 20 et la bibliophilie du livre illustré qui a existé pendant l’entre deux guerres.
Il y a des projets de livres jeunesse et des expositions à venir : Ugo Gattoni en septembre, le salon de l’araignée pour la sortie du livre en fin d’année, Aude Picault pour 2014...

 

 

 

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