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NATHALIE LÉTÉ

Rendez-vous avec Nathalie Lété, artiste et illustratrice,
dans son atelier à Ivry-sur-Seine_mai 2013.

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Quand as-tu débuté ta carrière d’artiste ?

J’ai commencé à travailler en 1987, après une formation à l’école Duperré et à l’école des beaux-arts de Paris. Pendant dix ans j’étais associée avec Mathias Robert, sous le nom de Mathias & Nathalie. Ensemble nous faisions de la sculpture en carton pour des vitrines, des publicités, etc. Il travaillait les volumes, moi la couleur et je réalisais des lithographies à partir de ses dessins.

À la naissance de ma fille, en 1995, je me suis mise à travailler seule et à mon nom. Je me souviens avoir commencé en dessinant ses jouets, qui sont devenus les héros de mes histoires. J’avais envie de dessiner d’après nature, et non plus d’inventer comme nous le faisions avec Mathias.

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Beaucoup de marques éditent ton travail et tu produis et diffuses également de ton côté, comment cela s’est-il mis en place ?

J’ai tout de suite eu envie d’appliquer mes illustrations à des produits comme avec les tee-shirts en sérigraphie, les cartes postales, puis les tapis, etc. J’ai donc créé ma propre société d’édition afin de pouvoir les vendre en quantité, ce que mon statut d’artiste ne me permettait pas de faire. Un peu avant, j’ai démarré avec l’éditeur Mon Petit Art puis la Marelle Editions et d'autres ont rapidement suivis. Je travaille pour Petitcollin, Vilac - avec qui j’avais déjà collaboré du temps de Mathias & Nathalie et pour qui je fais beaucoup de choses - Domestic, Astier de Villatte pour qui je réalise des céramiques, etc.

Je suis parfois considérée comme "un produit" : on attend de moi du "Nathalie Lété", quelque chose de coloré, joyeux, des animaux, des fleurs... Je n'ai pas toujours la liberté de choisir mes sujets, c'est pour cela que l'auto-édition me permet de rester libre et d'aborder d'autres thèmes plus particuliers.

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Fais-tu des expositions ?

J'en fais quelques-unes, au Japon surtout, cela me permet de dynamiser la vente des produits, il s'agit d'ailleurs plus de bric à brac un peu à l'image de mon atelier. En ce moment je prépare une exposition, qui aura lieu dans deux ans au musée La piscine à Roubaix. J'ai envie de travailler la mise en scène et d’exposer tout le travail que j'ai fait jusqu'à présent pour montrer aux gens et aux jeunes qui démarrent dans cette profession, le processus de création du dessin original au produit.

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À quoi ressemble une de tes journées de travail ?

Je me lève de très bonne heure et je rentre tôt! J'essaie de gérer au mieux ma vie d'artiste et ma vie de famille, et d' être performante sur tous les fronts. Et puis, sans doute mon côté bonne élève, j'essaie de répondre à tous les mails le jour-même. Si c'est une commande, je la fais dans les deux trois jours. Si l’on me demande des photos, je les envoie le jour-même. J’organise mon travail le mieux possible : en ce moment je prépare une exposition de céramiques pour la boutique Astier de Vilatte à Paris et un jour par semaine je vais graver des plats qu’ils me préparent le matin même.

Quel est le moment que tu préfères ?

Le week-end, quand tout le monde m'oublie et que je peux avancer mon propre travail. J’organise aussi la semaine à venir avec les dessins que je dois préparer pour la personne que j'emploie et qui travaille sur les imprimés. Tout est très organisé, il n'y a pas une minute de perdue...

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Quelle est la commande idéale ?

Pour les commandes privées, j'apprécie qu'il y ait de la quantité! J'aime lorsqu'on me demande un éventail de produits et je suis très heureuse lorsqu'on me commande des choses originales comme des plats tête de mort , des poupées saucisses, les poulets en céramique, etc.

Quelles sont les qualités importantes pour ce métier ?

Il faut être patient, rapide…polyvalent et motivé! Je pense qu’il faut savoir initier des projets personnels pour avancer, avoir son propre univers et confiance en soi.

Quelles sont tes sources d'inspiration ?

La nature et les animaux, les souvenirs d'enfance, les choses qui me réconfortent. Je suis assez sauvage, j'aime la solitude de mon atelier et je suis inspirée par ce qui m'entoure et ce qui est très proche de moi. Il y a beaucoup de gros-plan dans mes dessins, des pleines pages. Je dessine peu de paysages par exemple…

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Quelle est ta clientèle ?

Je dirais des caractères plutôt féminins, des âmes restées dans l'enfance et des gens qui aiment la couleur. Pour mon travail de commande, beaucoup de pays étrangers : le Japon, la Corée, la Chine, les Etats-Unis et l’Australie, les pays nordiques… J’ai des clients comme Monoprix et des éditeurs en France, mais dans l'ensemble j'ai plus de travail à l'étranger.

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De nouveaux projets ?

Je vais bientôt avoir un Showroom à Paris. J'avais envie d'un lieu où je puisse intervenir sur tout, un peu comme ces maisons d'architectes artistes au 19e siècle. L'idée est d'inverstir entièrement l'endroit de ma "touche" - mobiliers, tapis, papier peint - et de recouvrir le mur de carrelages en céramique réalisés au préalable dans mon atelier.

La question de DELPHINE ROUVILLOIS (auxiliaire de puériculture)

Si tu étais une chanson ?

Je serais une chanson triste avec beaucoup de vocalises ! J’aime la musique qui fait pleurer, comme le Stabat mater de Vivaldi. Je suis très sensible et toujours à la recherche d’émotions…