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VOLABILE

Rencontre avec Christel Sadde, créatrice de Volabile, mobiles & stabiles contemporains, dans son bureau à Paris _novembre 2013.

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Quand as-tu crée Volabile ?

J'ai monté une SARL en 2003. J'avais réalisé un premier prototype de mobile que je suis allée présenter à la Galerie SENTOU à Paris, et qui m'en a tout de suite commandé 50 exemplaires... Forte de cette commande, j'ai décidé de présenter mes mobiles au salon de décoration Maison&Objet en janvier 2003, et ça a démarré comme ça.

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Comment sont venues les premieres commandes pour les marques de luxe avec lesquelles tu travailles aujourd'hui ?

Lors de mon deuxième salon Maison&Objet, Inès De la Fressange est passée sur le stand et a aimé le grand mobile aux carrés de métal argenté, qui lui rappelaient la boucle de Roger Vivier dont elle est l'ambassadrice. Elle m'en a commandé un très grand pour une de leurs boutiques. Une heure plus tard, Pascale Mussard, de la maison Hermès, s'arrêtait aussi sur mon stand et me rappelait le soir même pour me commander un mobile fabriqué avec du cuir.
C’est ainsi que, progressivement, j’ai arrêté les petites productions pour me lancer dans les commandes de très grands modèles pour des marques. Un travail de création plus intéressant, avec moins d'administratif à gérer...

Sans compter avec mon travail régulier pour la marque Djeco pour qui je réalise des mobiles en collaboration avec des illustrateurs. C'est un travail d'édition, Djeco fabrique et produit.

Je pense que les marques de luxe sont venues vers moi parce que les mobiles correspondent à cette image de rêve qu’elles souhaitent générer…

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Comment t’organises-tu avec les différentes marques ?

Cela dépend... Avec les Galeries Lafayette par exemple, j'ai proposé l'idée d’un mobile et tout fabriqué ; ils ont payé la matière première, la création, et une société s'est occupée de poser les grandes guirlandes dans leur boutique du boulevard Haussmann. Pour Hermès, je m'occupe toujours du travail sur les tiges, et ensuite ils fournissent les pièces suspendues au mobile...

Travailles-tu avec les mêmes fabricants depuis le début ?

Pour mes propres créations, je travaille avec des formes en aluminium et la découpe est gérée par une personne avec qui je travaille depuis dix ans et qui sait s'adapter au travail de prototype et à la petite série. J'ai également un fournisseur de tiges que je plie ensuite moi-même à la main, et lorsqu'il s'agit de tiges plus grosses, ce qui demande une vraie force physique, j'ai un façonnier qui travaille avec moi.

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Quel est ton parcours ?

Après une école de commerce, j’ai travaillé quatre ans chez Blanc Bleu à l'export. Puis j'ai opéré une reconversion et suivi une formation de graphiste web pendant un an. C’est d’ailleurs moi qui gère le site internet de VOLABILE, la retouche des photos, les catalogues, etc.

Quelles sont les qualités requises pour ce métier?

Beaucoup de patience, de minutie et de rigueur.

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A quoi ressemble une de tes journées de travail ?

Je commence par allumer mon ordinateur, les mails arrivent au fur et à mesure et rythment un peu la journée. Mais l'idée n'est pas de rester assise à mon bureau, je suis surtout dans mon atelier. Je vais aussi beaucoup voir les fournisseurs, je gère la fabrication et le reste.

La création, c'est par périodes, je viens de travailler six mois sur de nouveaux modèles. Je peux ensuite faire du sur mesure et les adapter pour mes clients.

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De nouveaux projets ?

Depuis quelques temps je cherche à consolider mes ventes à l’export grâce à un réseau d'agents. Depuis ma collaboration avec Roger Vivier, par exemple, j'en suis à mon sixième mobile pour l'Asie. Et quand je vends à Hermès, c'est aussi pour leurs boutiques à l'étranger...

 

La question de Judith Andre Valentin journaliste

La création de mobiles est-elle une source d'équilibre pour toi ?

Oui, de toute évidence c'est aussi un épanouissement personnel... A vrai dire, je ne suis pas obnubilée par le mobile. Ce que j'aime c'est la combinaison mouvement, poésie et légèreté, que l’on retrouve aussi avec mes appliques lumineuses, fixes celles-ci.